Les Contes d’Hoffman à l’Opéra Bastille

(Soirée du 9 Novembre 2016)

Opéra fantastique inspiré de trois contes romantiques de l’écrivain allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, Les Contes d’Hoffmann ne furent jamais terminés avant la mort Jacques Offenbach, et ont enchanté l’Opéra Comique en 1881.

Cette oeuvre posthume, par le livret de Jules Barbier, narre comment Hoffmann tombe sous le charme de trois femmes : Olympia d’abord, qui s’avère être une poupée automate ; Antonia, maudite, qui ne peut chanter sous peine de mourir ; Giulietta, qui pactise avec le diable pour voler le reflet d’Hoffmann. La Muse de la poésie, ayant pris la forme de son meilleur ami Niklausse, ne fait qu’accompagner, parfois sauver Hoffmann de ces péripéties. Désespéré, ce dernier finit par révéler que ces trois femmes ne sont en fait que les différentes facettes d’une seule et même personne, Stella, une chanteuse qui l’avait invité à le rejoindre dans sa loge après le spectacle. Mais Stella repart avec un autre homme. La Muse exulte enfin, Hoffmann peut se vouer uniquement à l’art de la poésie.

 

La mise en scène de Robert Carsen est magistrale : véritable théâtre dans le théâtre, où nous sommes, placés dans les coulisses, à l’arrière-scène, dans la fosse d’orchestre, spectateurs des amours d’Hoffmann, tour à tour avec Olympia, Antonia, et Giulietta, sous l’oeil de Niklausse.

Philippe Jordan, que j’ai trouvé encore plus inspiré que d’habitude, amène toute l’intensité nécessaire pour ne pas tomber dans le balourd de l’opéra-bouffe, et faire évoluer toutes les couleurs de cette oeuvre résolument brillante.

L’aisance vocale de Nadine Koutcher en Olympia est bluffante, même si j’ai eu un petit faible pour la souplesse incroyable de la voix d’Ermonela Jaho en Antonia, déchirante, et la chaleur de celle de Kate Aldrich en Giulietta. L’acte III m’a quant à lui totalement fait chavirer, notamment avec cette Barcarolle si connue*. Un opéra qui fait la part belle aux femmes, aux voix intenses, aux rondeurs, aux douleurs.

hoffman

Ramon Vargas s’investit en Hoffmann, aussi convaincant vocalement que scéniquement. Et les seconds rôles sont loin d’être oubliés dans cet opéra, mis en valeur par une distribution hors pair.

Aucun doute, une intelligente production qui ne manquera pas de vous séduire tous !

 

 

*(mais si, entendez par vous-même ! Ou encore cette version seulement orchestrée)


Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, du 31 Octobre au 27 Novembre 2016 à l’Opéra Bastille

À revoir sur Culturebox jusqu’au 22 mai 2017

Combien ça vaut ? 90€, oui c’est un prix, mais qui le vaut bien ! Certaines places sont bradées sur BourseOpéra, souvent en dernière minute. Si vous êtes jeunes et dotés d’un pass adéquat, c’est le moment de l’utiliser !

Conseil placement : prendre un peu de hauteur pour admirer la mise en scène en abîme (les premiers rangs des balcons par exemple)

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