George Balanchine à Garnier

(Soirée du 28 octobre 2016)

Mozartiana, Sonatine, Brahms-Schönberg Quartet et Violin Concerto, avec le petit film Hommage à Violette Verdy, voilà le programme d’une soirée qui paraît plus alléchante sur papier que dansée sur scène.

Malgré la beauté indiscutable des danseurs de l’Opéra, le dialogue avec le public n’est pas au rendez-vous. Ils ne savent pas raconter Balanchine, ils ne le peuvent pas : c’est culturel. L’école française est trop lyrique, un poil narcissique, et beaucoup trop parfaite dans son romantisme pour incarner l’esprit enlevé, fonceur, décontracté, très décomplexé de Balanchine. Le virtuose infailliblement exécuté est trop poli pour répondre à la musicalité voulue par Mr B. et c’est fort dommage.

Mozartiana, ballet poussiéreux suggérant une Cour royale, ne me séduit pas plus que sur la scène du Châtelet l’été dernier. Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio n’y sont pour rien, précieux et minutieux à souhait, cet interminable ballet est d’un ennui total.

Sonatine, trio bucolique avec un piano présent sur scène pour donner de la contenance aux deux danseurs (ce soir là Léonore Baulac et Germain Louvet), qui s’envolent avec une simplicité déconcertante et me plongent dans un état contemplatif légèrement engourdi. L’hommage à Violette Verdy est pourtant bien là, musical et très poétique.

balanchine garnier.png

BSQ, en grandes pompes, et plus à l’aise sous les ors de Garnier pour s’épanouir pleinement, me paraît plus abordable qu’en juillet dernier. Les danseurs tiennent tête aux 4 parties aux atmosphères inégales (je préfère de loin la seconde partie, pour la musique !), malgré des costumes qui ne les mettent absolument pas en valeur (Karl, si tu m’entends…).

Enfin, Violin Concerto, pour conclure sur nos impatiences d’air frais, réveille nos esprits par son punch en noir et blanc, comme l’aimait tellement Balanchine. Deux couples de danseurs sont mis en valeur par un corps de ballet dynamique. Le fait de m’être alors replacée à l’orchestre pour cette dernière partie amène une promiscuité avec la pièce, tour à tour sensible et bouillonnante, à la limite de l’acrobatique, mais qui ne suffit pas à me subjuguer. Déçue de ne pas avoir vue Alice Renavand, remplacée au pied levé par Muriel Zusperreguy, moins pertinente dans ce genre de rôle.

 

En bonus, la vidéo making-of du shooting de Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann


À l’Opéra Garnier du 22 octobre au 15 novembre 2016

Combien ça vaut ? 85€ (cat.2) si on aime inconditionnellement les oeuvres de Balanchine et les danseurs de l’ONP, 25€ (cat.4) si on est juste curieux (ou à tendance grippe-sou)

Conseil placement : La soirée ne valant pas de rester debout, il faut trouver une place avec un minimum de visibilité, pour regarder, ou s’endormir confortablement…

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