Samson et Dalila

(Soirée du 4 Octobre 2016 – Première)

samson-dalila

Pour une première, c’est une première. Les chanteurs, l’orchestre et le chef sont applaudis à tout rompre, quand la mise en scène est huée quelques instants plus tard.

Samson et Dalila, opéra de Camille Saint-Saëns, n’a pas été donné à l’ONP depuis 25 ans. Et pourtant, si cette œuvre parait méconnue de prime abord, les airs paraissent familiers* ! Inspiré du drame biblique de l’Ancien Testament, cette tragédie narre la séduction qu’emploie Dalila pour faire avouer à Samson l’origine de sa force colossale. Samson, fou amoureux, finit par avouer son secret. Mais Dalila lui avait tendu un piège, et le livre aux Philistins…

L’interprétation de Dalila, incarnée par Anita Rachvelishvili, est magistrale. Sa voix aux mille nuances se prête parfaitement aux états d’âme de Dalila, le cœur amoureux ou vengeur. Son partenariat avec Aleksandrs Antonenko (en Samson) culmine lors de l’acte II, la puissance de leurs voix mêlées faisant ressortir le drame qui est en train de se nouer. L’orchestration de Philippe Jordan rend inoubliables les élans lyriques de la musique de Saint-Saëns, donnant à la partition toute l’expressivité désirée.

Seule la mise en scène pêche à mon sens. L’opéra s’ouvre sur un acte I peu convaincant. Le mélange de peuples bibliques et de militaires modernes armés de kalachnikovs rend le climat plus anxiogène que nécessaire. Que se passe-t-il dans la tête de Damiano Michieletto lorsqu’il décide de fantasmer des scènes de prises d’otages ? Pourquoi vouloir à tout prix actualiser systématiquement les mises en scène, alors que nous voudrions enfouir ces lugubres souvenirs pour avancer (là n’est pas oublier) ? L’acte II, intimiste, dans la chambre de Dalila, est plus convenu. Le grotesque acte III, boîte de nuit polissonne, renforce le décalage entre la vue et l’ouïe. Seules les ultimes secondes, surpassant le ridicule grâce à cette lueur d’intelligence, permettent de finir la soirée sur une belle note.

 

* (voir la Bacchanale ou l’air de Mon cœur s’ouvre à ta voix)


À l’Opéra Bastille du 1er Octobre au 5 Novembre 2016

Combien ça vaut ? Pas plus de 35€ (attendre des promos)

Conseil placement : pour profiter pleinement des effets scéniques à la fin de l’acte 3, préférez le parterre

 

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